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Tabaski: Du marché HLM à Petersens, les artisans qui garantissent une belle fête

Le marché HLM de Dakar, dont la réputation tient en partie à ses bons coins et ses articles introuvables ailleurs, vit également au rythme de ses nombreux tailleurs croulant sous les commandes, à trois jours de la célébration lundi de l’Aïd-el-Kébir ou Tabaski, la grande fête musulmane.

Comme attendu chaque année en pareille occasion, le marché des HLM s’emballe carrément avec les préparatifs de la Tabaski, une ambiance qui le sort de son quotidien déjà tellement animé d’habitude.
 
Au cœur du quartier dit populaire des HLM, dont il s’inspire des habitudes et des codes, ce marché passe pour la destination privilégiée de couches sociales aux revenus jugés modestes.
 
Au marché HLM HLM sans doute plus qu’au marché Sandaga, situé au centre-ville de Dakar, les acheteurs viennent avec l’espoir de trouver la pièce rare, le produit tendance pendant les fêtes.
 
Ils viennent aussi pour le savoir-faire des nombreux tailleurs installés dans marché, offrant à leurs clients l’opportunité de faire d’une pierre deux coups, trouver le tissu convoité et se le confectionner à la dernière mode.
 
Les clients ‘’sont là, on ne se plaint pas’’, confirme le tailleur Moussa Fall, concentré sur sa machine comme jamais, histoire de gagner sur le temps chaque seconde séparant de lundi, jour arrêté pour la célébration de la Tabaski
 
De toutes les façons, fait-il observer, les fêtes ont toujours été une période favorable à l’activité des marchands et artisans-tailleurs en particulier.
 
Peu effrayé par le gros volume de travail attendu de lui en des délais si courts, il continue de ‘’prendre les commandes même si la Tabaski approche’’, pariant sur le fait qu’il finira par y arriver, comme il l’a ‘’toujours fait’’ du reste.
 
Fally Mbengue, son voisin, a lui tout simplement arrêté les commandes.
 
‘’Je ne prends plus de tissu depuis deux semaines parce que je serai même obligé de confectionner certaines tenues après la fête en raison du manque de temps’’ et du volume des commandes, souligne-t-il.
 
Pape Moussa lui peste contre les clients qui passent commande sans avancer d’argent. ‘’Il n’y a pas encore d’argent même si les tissus sont là. Il y a des clients qui ne donnent pas d’argent’’, déclare-t-il.
 
Il continue pourtant de prendre des commandes, de ‘’fidèles’’ clients, note-t-il, avant d’ajouter : ‘’Je compte respecter mes engagements parce que la fête c’est juste une journée et je ne veux pas perdre ma clientèle.’’
 
Dans l’impossibilité de trouver un client à temps, beaucoup se rabattent sur des tenues déjà confectionnées ou des prêts-à-porter, à l’image de la dame Mariama, trouvée en plein marchandage dans une boutique située à Petersen, une gare routière du centre-ville de Dakar domestiquée par les marchands ambulants.
 
‘’Je suis venue pour acheter une robe pour ma fille et j’ai opté pour celles déjà prêtes parce que comme c’est un enfant, je ne veux pas prendre le risque que le tailleur ne termine pas sa tenue à temps‘’, explique-t-elle.
 
Et la dame d’affirmer que ‘’les tailleurs ne respectent pas leurs engagements et comme ces habits sont moins chers, je préfère les acheter.’’ 
 
Les esthéticiens ne sont pas en reste pour les préparatifs de la Tabaski, occasion rêvée pour les bonnes affaires.
 
‘‘Tout se passe bien actuellement, les clients viennent en masse’’ pour se faire tatouer, informe Fallou Diaga, une tatoueuse trouvée devant sa boutique en mode rabatteur, en train d’appeler d’éventuels passants intéressés par ses services.
 
Le seul problème, c’est que ‘’certaines clientes reviennent parfois pour nous dire qu’il y a des effets secondaires ou que leur peau est allergique au produit utilisé, mais on fait avec‘’, dit-elle. 
 
Une femme venue se faire les ongles en gel n’a cure de ses petits désagréments, décidée à se faire belle pour la Tabaski qu’elle doit passer avec son mari à Kaolack, région du centre du Sénégal.
 
Surtout pressée de se faire les ongles le plutôt possible, cette dame ayant requis l’anonymat souligne que de toutes les façons, si ça se passe mal, il y a toujours moyen de les refaire.
 
Les accessoires pour tenues sont également ciblés par de nombreux acheteurs dont certains se plaignent de ce que les commerçants profitent de ces occasions pour faire grimper les prix.
 
Ndèye Awa, vendeuse d’accessoires, conteste ce point de vue et soutient que quelle que soit la bourse, ‘’un client peut avoir ce qu’il veut, ce n’est pas trop cher et si une personne veut de la bonne qualité, il doit faire des sacrifices.’’
Espritcitoyen.com-Aps

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