Parole aux citoyens

Pour la Palestine, je récuse!

L’injustice spectaculaire a duré de plusieurs années avec le tournage de ce soap-opera israélo-palestinien doté d’épisodes attendrissants les uns plus que les autres. D’un coté l’indignation, le scepticisme et la douleur sont à leur comble. De l’autre le ridicule attaque et détruit tout. La bande de GAZA bien que toujours ensanglantée, savoure enfin un moment de répit momentané et imposé par le diktat de l’État islamique qui subit désormais la furie des médias internationaux...

 

La création de l’État d’Israël - ou du moins la prise du pouvoir de la Palestine arabe par le Sionisme politique- inspirée, financée et soutenue par les Rothschild, nous rappelle David Icke, obéissait à deux raisons majeures. La Palestine est considérée, d’une part, comme une terre sacrée pour les Aryens-reptiliens dont les origines remontent jusqu'aux Lévites et à l'ancien monde. D’autre part, le fait de voler un pays arabe de manière aussi flagrante offre d'infinies possibilités pour nourrir un conflit et favoriser la division du Moyen-Orient, moyen qui est devenu particulièrement efficace pour manipuler les pays arabes producteurs de pétrole…Maher Charif renchérit ces arguments en soutenant que : «pour constituer un État juif, le mouvement sioniste, né en 1897, allait s’inscrire dans le courant colonialiste européen en vogue à l’époque. Cependant, la Palestine ne représentait pas pour ce mouvement un projet d’investissement, mais plutôt un territoire pour y édifier un état, et cela en y installant une société juive, capable de se substituer à la société arabe y existant par deux moyens : l’émigration et l’appropriation des terres. Là réside la spécificité de ce mouvement».

 

Le sens de cette alarmante bêtise humaine est compris par tous! Qu’est-ce qui peut alors expliquer et justifier ce silence assourdissant, complaisant et nauséabond qui nous embaume l’atmosphère depuis plus d’un demi-siècle? Orateurs, justiciers, guides religieux, guerriers, conquérants d’idées, législateurs, citoyens du monde, où êtes vous? Le son qui émane des voix de celles et ceux qui se meuvent dans l’ombre ou qui ont déjà pris courageusement la parole, demeure inaudible pour faire cesser définitivement la dynamique négative en cours dans cette région du monde extrêmement meurtrie. À vrai dire, cette bouffonnerie qui nourrit les relations internationales et qui emporte avec elle génération après génération de palestiniens, d’israéliens et de citoyens d’autres pays, ne fait plus rire…

 

Permettez-moi de reprendre Zola et d’affirmer comme lui que mon devoir est de parler. Je refuse par le silence de consentir et d’être complice de cette supercherie. Mes pensées sont hantées au quotidien par le spectre de l'innocent, enfant comme adulte, qui expie sur sa terre confisquée par la force, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a pas commis. Muni d’une seule arme qui vaille, ma plume, pour des raisons de manifestation de partialité à outrance et de contradiction flagrante d’intérêts, je RÉCUSE!

 

Je RÉCUSE l’Organisation des Nations-Unies (ONU) pour son ancrage dans la politique de deux poids deux mesures et surtout pour avoir manqué le courage de défendre et de faire appliquer le droit qui fonde paradoxalement son existence. Bien que ses résolutions portant sur le règlement du conflit pullulent comme la peste, elles demeurent encore très timides et inefficaces parce que sans moyens valables de persuasion et/ou de dissuasion. L’ONU a trahi et perverti à répétition l’unique solution envisageable qui est celle de la création sans délai d’un État palestinien viable et susceptible d’améliorer positivement les conditions de vie du peuple palestinien pour qu’il puisse en toute légalité et légitimité exercer comme tout autre État ses droits inaliénables.

 

Je  RÉCUSE l’État d’Israël avec ses partenaires occidentaux qui le soutiennent pour son refus catégorique de s'acquitter de ses obligations en vertu des dispositions contenues dans la Feuille de route très claire, de geler toutes les activités de colonisation et de démanteler les postes avancés de peuplement érigés après 2001. Israël ne s’est jamais dissocié de la position de son ex première ministre, Golda Meir qui déclarait en 1973 que « les frontières sont là où se trouvent les Juifs, pas là où il y a une ligne sur la carte». Le mouvement sioniste a soumis tout un peuple depuis plus de cent ans à un plan soigneusement élaboré et basé sur des mensonges pathétiques. Les actes posés par les différents Gouvernements israéliens qui se sont succédé, ont fini contre toute attente par vider la paix tant espérée de tout son contenu. Quelle monstruosité d’écouter les porteurs de l’agenda criminel du mouvement sioniste prétendre que leurs actions infâmes sont faites «au nom de la sainteté, au nom du Tout-Puissant, au nom du Judaïsme et des juifs»! Or, des adeptes juifs appartenant au groupe «Neturel Karta International» nous précisent : « nos écrits sacrés et nos grands Rabbins nous l’ont enseigné : il nous est défendu d’asservir ou d’oppresser qui que ce soit. Il nous est interdit de profaner la Terre Sacrée en empruntant la voie de la violence, la discrimination ou la force militaire. Notre religion nous enseigne la justice. Notre religion nous enseigne la paix. Notre religion nous enseigne la compassion. En vérité, l’ultime prière et plus grand espoir des Juifs repose sur le jour où le Messie reviendra et que les nations ne lèveront pas l’épée sur les nations et ne se feront plus la guerre». Nul ne doute alors que les atrocités menées sous la complicité de Gouvernements impérialistes connus nuisent gravement au peuple palestinien. Tout de même, elles contribuent inconsciemment à une montée d’hostilité sans nom envers les Juifs dans le monde entier…

 

Je  RÉCUSE la Palestine avec les pays arabes qui partagent sa cause pour une absence notoire de consensus arabe et pour avoir commis une tragédie d’erreurs. En effet, depuis la première guerre israélo-arabe de 1948 jusqu’au récent regain de tensions avec la guerre de GAZA de 2014, en passant par la crise de Suez de 1956, la guerre des Six-Jours de 1967, la guerre de Kippour de 1973, la guerre du Liban de 1982 et les autres épisodes de conflits, il a été jusqu’ici question, d’un «handicap» arabo-musulman (en termes de division, de compétition, de confusion) qui entravent encore l’application d’une solution juste et durable du conflit. Cette incapacité des Arabes est perçue par l’historien palestinien Maher Charif comme «le fruit de deux facteurs : le retard des sociétés arabes, hérité de la longue domination ottomane et perpétué après la première guerre mondiale par les colonialismes européens d’une part, et l’échec des projets de développement proposés par les régimes établis après l’indépendance d’autre part». Bien que beaucoup d’entre eux détiennent d’importants moyens financiers grâce à la rente pétrolière, les pays du monde arabe vivent dans un état récurrent de faiblesse et de division. S’engager avec de tels défauts dans des négociations pour une paix permanente et globale au Moyen-Orient, est synonyme de débâcle pour la bonne et simple raison que les rapports de force avec Israël, renforcé par ses protecteurs occidentaux, sont loin d’être pour le moment équilibrés. Il s’y ajoute également un autre problème de taille avec la multiplication d’organisations et d’acteurs aussi différents les uns des autres qui vivent ensemble, aussi bien en terre palestinienne  et dans le monde arabe, avec mépris tout en adoptant, pour l’issue du conflit, des positions souvent intransigeantes et contradictoires.

Pour toutes ces raisons et sans aucun parti pris, je les récuse tous sans complaisance! Une solution durable bien que compromise, est certes à notre portée. Pour y arriver, il faudra tenir en compte, comme le mentionnait l’Organisation Socialiste Israélienne dans son Manifeste du 18 mai 1967, que : «la solution du problème palestinien doit non seulement réparer les torts faits aux arabes de Palestine, mais également garantir l’avenir national des masses hébraïques. Ces masses ont été amenées en Palestine par le sionisme, mais elles ne sont pas responsables des actions du sionisme. Tenter de punir les travailleurs et les masses populaires d’Israël pour les péchés du sionisme de peut résoudre le problème palestinien, mais seulement mener à de nouveaux malheurs». Il revient donc à notre conscience collective de s’ériger en juge pour dire en définitive le droit tant attendu! 

Pathé Guèye

 

PS: Ce texte a été écrit et publié en Octobre 2014.

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