Religion

Le savoir et la certitude

Au nom d’Allah le miséricordieux le tout miséricordieux, Seigneur du Levant et du Couchant, Il est Le Premier le Dernier, l’Apparent et le Caché. Puissent les bénédictions et la paix d’Allah être sur Son dernier Messager Muhammad ibn Abdullah.

Allah (azzawajal) dit dans le saint Coran : « Et Allah vous a fait sortir des ventres de vos mères, dénués de tout savoir, et vous a donné l’ouïe, les yeux et les cœurs (l’intelligence), afin que vous soyez reconnaissants » (S 16/78).

A la lumière de ce verset, le Très Haut nous renseigne sur l’obscurantisme et l’éveil dans la mesure où lorsqu’à nos premiers états, nous étions dépourvu de savoir et afin qu’on soit reconnaissant, il nous a donné l’ouïe la vue et l’intelligence.

Ces trois sens précités sont les récipients de la science, l’œil qui perçoit les merveilles et paysages, l’oreille qui entend les informations mais aussi l’intellect qui contemple les mystères de l’univers et les réalités du monde intelligible comme l’atteste ce verset du Coran : « Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. L’ouïe, la vue et le cœur : sur tout cela, en vérité, on sera interrogé » (S 17/36).

Sache que le savoir, en réalité, va au-delà de ce que l’œil voit mais aussi, de ce que l’oreille entend car il s’acquiert, en vérité, que par la pureté et la dévotion comme le dit cette sainte écriture : « …et adore ton Seigneur jusqu'à ce que te vienne la certitude » (S 15/99).

La science exotérique, c’est-à-dire la jurisprudence et les fondements de la jurisprudence, voire ce qui se rapproche des sciences de nos obligations individuelles et communautaires, tout comme la tradition prophétique, représente la science théorique classique, et mémoriser tous les sujets qui s’y apparentent ne fait pas de toi un bien guidé si la dimension ésotérique qu’est la nourriture du cœur et de l’âme n’est pas au rendez-vous comme il a été rapporté par Al-Murtada Al-Zabidi (qu’Allah l’agrée) dans son commentaire du fameux  Ihya de l’Imam Ghazali (qu’Allah sanctifie son précieux secret) en ces termes : « Celui qui étudie la jurisprudence (fiqh) et n’étudie pas le soufisme (tasawwuf) est un pervers (fasiq); et celui qui étudie le soufisme et n’étudie pas la jurisprudence est un hérétique (zindiq); celui qui allie les deux, atteint la vérité ».

Cette dimension ésotérique a, certes, été théorisée par les savants soufis durant tous les siècles. Mais, cet élixir ne s’acquiert point dans les livres. Cette science de la certitude s’expérimente et, à titre d’analogie, on peut bel et bien maitriser notre sujet sur la conduite sans pour autant pouvoir conduire une voiture ou mieux connaitre les mécanismes de cette dernière, ce qui veut simplement dire qu’on peut connaitre les versets sur la pureté de l’acte et le renoncement sans pour autant percer la vraie nature de la pureté et du renoncement comme disait Ibrahim Ibn Adehem : «Tous les soufis sont des ascètes et tous les ascètes ne sont pas des soufis » l’un n’entraine toujours pas l’autre.

Sache que porter l’habit d’un ascète ne fait pas de toi un derviche mais, ceci n’est que synonyme d’idiotie par excellence. S’assoir en hauteur et trôner dans un tabernacle n’est toujours pas synonyme de sagesse car la porte de la certitude est la dévotion et sa finalité, la soumission, la crainte du dévot et la modestie du derviche sont toujours en parfaites harmonies avec l’essence de ce verset : « Seigneur, fais-moi croitre en science » (S 20/113).

En outre, conformément à la parole du Très-Haut : « Connaissez-Moi avant de M’adorer. Car, si vous ne Me connaissez pas, comment pourrez-vous M’adorer » (Hadith Qudsi) mais aussi ce verset : « Je n'ai créé les hommes et djinns que pour qu'ils M'adorent » (S 56/51), selon Ibn Abbas, « cette adoration est synonyme de connaissance » et cette connaissance ne veut rien dire que la science du cœur, la certitude en d’autres termes. L’Imam Ghazali (qu’Allah sanctifie son précieux secret) nous dit dans son Ihya ces propos qui en somme résument cette thèse : « Lorsque tu termines de t’occuper de ton âme et de sa purification, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde, occupe-toi alors des obligations communautaires en respectant la progression en ce domaine. Commence donc par le Livre de Dieu - qu’il soit exalté et magnifié — ; puis par la Sunna de Son Messager — que Dieu lui accorde la grâce et la paix —. Ensuite occupe-toi des sciences du Coran comme l’exégèse, l’abrogatif et l’abrogé (al-Nâsikh wal-mansûkh), les versets clairs et les versets ambivalents etc... Il en va de même pour ce qui est de la Sunna. Ensuite occupe-toi des questions subsidiaires et des principes du fiqh (jurisprudence) et ainsi de suite pour le reste des sciences selon le temps qui te reste à vivre. Mais ne consacre pas toute ta vie à l’une de ces disciplines dans le but de l’embrasser totalement car la science est vaste et ta vie est brève. En plus, ces sciences sont des outils qui servent à autre chose. Or, dans toute chose qui n’est pas visée pour elle-même, on ne doit pas oublier la finalité qui y réside ».

Qu’Allah nous accorde force et abnégation afin que nos vies soient dévouées à la cause du meilleur des hommes, le Serviteur de Dieu par excellence, la ville de la connaissance Muhammad Ibn Abdallah (Paix et Salut sur Lui), qu’Allah (azzawajal) nous accorde Son pardon et nous couvre de Sa miséricorde ici-bas et dans l’au-delà, meilleure oraison d’Allah (azzawajal) sur le dernier messager et sur sa descendance.

Ibrahim Ibn Ahmad

 

 

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Commentaires

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Mariama NIASSE

Fa tabarfakala! Qu'Allah vous accorde une longue vie, vous préserve des mauvaises vibrations et vous abreuve davantage de la science islamique. Vous lire purifie mon coeur et me permet d'éclaircir des questionnements oh combien important dans ma religion. Qu'Allah te rétribue en bienfaits. Ta plume nous permet de connaître mais aussi nous donne un regard nouveau sur notre religion. Bonne continuation! tout est dans l'interprétation et la manière de le dire

Répondre 22/06/2018 11h39
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