Parole aux citoyens

Honorable, ton nom est FEMME!

 

Tu es à la fois fille, mère, grand-mère, nièce, bru, épouse, conjointe, sœur, amie, tante, cousine, voisine, collègue, concitoyenne, professionnelle. Honorable FEMME ! Honorable FEMME ! Honorable FEMME !

Depuis les temps immémoriaux, nombreuses parmi vous se sont majestueusement distinguées à travers l’histoire de l’humanité. Des empires, des royaumes ainsi que des États ont été façonnés et consolidés grâce à vos inestimables contributions qui resteront pour toujours dans notre mémoire collective comme de vraies figures historiques… Mieux, reconnaissons-le, à tous les jours et à tous les niveaux il y a une femme autour de nous qui allume une étincelle dans notre vie....

Par ailleurs, admettons-le avec regret qu’il est à la fois vrai et étrange, sous le poids de l’ignorance, des traditions ou des coutumes non religieuses, que plusieurs perpétuent des actes odieux à l’endroit des femmes en les confinant dans les maisons, en les battant en cas de désaccord, en ne les consultant jamais pour des décisions décisives. Force est alors de constater qu’avec leurs nombreux méfaits, brimades, calvaires et humiliations, ces personnes se comportent à tort en de véritables Léviathans. Justement, Mariama Ba, étant bien consciente de cette désolante réalité, affirmait savoir « mouvant le terrain des acquis, difficile la survie des conquêtes : les contraintes sociales bousculent toujours et l’égoïsme mâle résiste».

Il est donc une évidence que ces agissements, en grande majorité des conséquences de mauvaises et discutables tentatives d’interprétations des textes religieux en présence, demeurent totalement à l’opposé des recommandations et prescriptions qui sont consignées dans les références religieuses. Par conséquent, il est assez souvent regrettable que des analystes et des leaders d’opinion nous renvoient exclusivement à la religion pour trouver les véritables causes des incessantes injustices faites aux femmes. Ils laissent de côté la persistance du patriarcat qui régit encore et contre toute attente le fonctionnement de nos sociétés contemporaines tant au niveau politique, social qu'économique, etc.


 

L’humoriste Boucar Diouf, pour ne citer que lui en guise d’exemple, est allé même jusqu’à soutenir dans une de ses fracassantes contributions que «les trois religions abrahamiques que sont l'islam, le christianisme et le judaïsme n'ont pas été très tendres avec la féminité». Or, un court périple épique d’une religion à l’autre suffirait à faire ressortir ces existences si honorables :

Dans le Judaïsme : La Torah mentionne bien les femmes qui ont marqué le destin du peuple juif qui ont façonné sa splendeur. Il s’agit entre autres de : Sarah et Agar, les deux épouses du patriarche Abraham, Rebecca, la femme d’Isaac, Deborah la prophétesse, Yaël la guerrière, Hannah la mère du prophète Samuel, Esther, la femme du roi Assuérus, la reine de Saba, Myriam la sœur de Moïse, Oulda qui enseignait la loi aux hommes, Berouria, enseignante. Ce sont des femmes d’Israël, de véritables Kéli (réceptacle) qui ont su faire preuve d’abnégation pour observer la volonté divine. Le roi Salomon en parlant d’elles disait que la sagesse des femmes édifie la maison !

Dans le Christianisme : Quand on parle de femmes, nos pensées vont tout d’abord vers la Sainte Vierge Marie, mère de Jésus. Nous nous sentons si petit pour vous décrire cette femme d’une piété et d’une vertu incommensurables. En lieu et place, retenons les propos assez révélateurs d’Amsa Lamrabet qui nous informe que « les relectures et études faites par de nombreux chercheurs dans le christianisme démontrent actuellement que les interprétations machistes de l’Église ont marginalisé voire complètement réduit au silence les principaux enseignements de Jésus, qui était, avant tout un grand défenseur de la cause des opprimés et notamment celles des femmes». L’essayiste marocaine nous rappelle également que dans les Évangiles, Jésus de Nazareth, parle à celles-ci comme à des sœurs et elles ont été nombreuses à l’accompagner, à le comprendre et à le suivre. Il les accepte parmi ses disciples et les reconnaît comme apôtres et enseignantes. Le cas de Marie-Madeleine en est un exemple patent. Donc des femmes étaient nombreuses à suivre Jésus depuis la Galilée et jusqu’à Jérusalem. Aussi, toutes ces femmes, présentes lors des grands moments de la mission de Jésus, sont la preuve, que le message de l’Évangile avait pour but justement de les libérer et de les faire participer à tous les grands évènements de la vie et non pas comme l’ont voulu certains Pères de l’Église, les confiner à des rôles d’arrière-plan. De plus, on voit Jésus faire fi des tabous hérités des autres traditions. Tour à tour, nous renseigne Lambaret, il se laisse toucher par la femme qui a ses règles, accepte l’hommage de la

pécheresse que décrit l’Évangile de Luc, demande de l’eau à une Samaritaine l’étrangère infréquentable. Il déclare aussi les prostituées plus proches du Royaume de Dieu que les justes retranchés dans leur suffisance. Il rend impossible la lapidation de la femme pour adultère en demandant «que le premier qui est sans péché lui lance la première pierre ».

Pour tout dire, la fidélité des femmes à Jésus est une caractéristique historique retrouvée dans les Évangiles. Besoin est-il de rétorquer à tous ceux qui veulent l’entendre que nous avons compris et que : «l’héritage de Jésus est donc trahi par ses disciples, par l’Église et les apôtres femmes qui ont assuré la transmission de l’annonce de Jésus sur sa passion et sa résurrection, vont être reléguées à des rangs subalternes, voire dévalorisées et méprisées par certains disciples hommes qui considérèrent leurs récits comme du radotage ». Bref, les récits de l’histoire doivent être manipulés avec sérieux car de tout ce qui précède il découle qu’à travers toutes les écritures et les Textes retrouvés aussi bien dans l’Ancien ou le Nouveau Testament, ce sont les interprétations confortant l’inégalité et l’infériorité des femmes qui ont été malheureusement retenues.

Dans l’Islam : La place accordée à la femme est un sujet récurrent à chaque fois qu’on discute de cette religion. Pourtant, pour Harun Yahya, «dédaigner les femmes, les exclure de la société et les considérer telles des êtres de seconde zone, comme le font les païens, ne relève aucunement de l'islam, qui au demeurant condamne cette attitude». Le Coran, poursuivant la logique et la cohérence du message divin, pour Harun offre ce qu'il peut y avoir de mieux comme rapport entre l'homme et la femme. Adnan Oktar de poursuivre que «nombre d'idées fausses, qui portent sur des pratiques - qui relevant de la tradition sont considérées à tort faisant partie intégrante de l'islam -, alimentent les préjugés à la défaveur de l'islam. Toutefois, l'étude du point de vue islamique concernant les femmes laisse apparaître qu'une grande liberté ainsi qu'une large place sociale leur sont attribuées». À cet effet, les références islamiques nous rappellent que les tâches et les responsabilités sont les mêmes pour l’homme et la femme tous pris dans leur ensemble. Mieux, ils doivent s’aider et se soutenir mutuellement. Croyantes comme croyants seront récompensés de la même manière selon leurs actes conformément à plusieurs versets parmi lesquels on peut noter : les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car

Allah est Puissant et Sage. (Le Coran, sourate At-Tawba, verset 71) ou encore Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumône, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d’Allah et invocatrices: Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. (Le Coran, sourate Al-Ahzab, verset 35).

Dans le même ordre d’idées, lors de son éloquent Sermon d’adieu le prophète Mohammad confia à la communauté islamique : « Ô peuple! Il est vrai que vous avez certains droits à l’égard de vos femmes, mais elles aussi ont des droits sur vous. Souvenez-vous que c’est par la permission de Dieu que vous les avez prises pour épouses et que c’est Dieu qui vous les a confiées (...). Traitez donc bien vos femmes et soyez gentils envers elles, car elles sont vos partenaires». Avant ce sermon, il exhortait les musulmans en leur disant que «le plus parfait dans la foi parmi les croyants est celui qui est le meilleur en conduite et bonté envers sa femme».

Ceci étant, souvenons-nous que dans la religion musulmane également il y a eu des femmes de vertu, de rigueur, de tête et de cœur. Elles sont nombreuses et ont pour noms : Khadija la première à être entrée dans l’Islam, Summaya bint Yâsir, la première à mourir pour l’islam, Aicha, Hafsa, Zainab bint Jahch, Oum Salama, Saffiyya, Oum Habiba, Maymouna, Sawda, Jowayria, etc. Même la première université construite en terre d’Islam, Al-Quarawuyyîn, à Fès au milieu du IXème siècle, a été l’œuvre d’une femme, Fatima al Fihriya.

En définitive, à la suite de l’auteure d’Une si longue lettre, nous resterons toujours persuadés de l’inévitable complémentarité de l’homme et de la femme. Encore et encore...

Honneur et mérite à toi FEMME

Dignité et respect à toi FEMME

Amour et paix à toi FEMME!


 

Pathé Gueye- Montréal

 

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